Indécis! Encore un petit effort!
Selon le deuxième sondage SSR, réalisé du 6 au 12 novembre, 14% des sondés sont indécis quant au "milliard de cohésion". À moins de deux semaines du scrutin, une telle proportion d'indécis est impressionnante; d'autant plus impressionnante que l'argumentaire des partisans du milliard, n'est ni rationnel, ni convaincant.Il est probable que cette indécision soit liée aux éventuelles conséquences politiques d'un refus. Craintes, d'ailleurs, entretenue par la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey -pourtant si prompte à dénoncer le prétendu populisme d'un Christophe Blocher- qui n'hésite pas à expliquer, pour intimider les quidams, qu'elle redoute "les difficultés qui attendent la diplomatie helvétique" (Pourquoi parle-t-on si timidement de l'après-milliard?, Le Temps, 18 novembre 2006), en cas de refus le 26 novembre. Il est certain que le refus populaire du milliard de cohésion froissera les diplomates européens. Et alors?
Depuis le refus du peuple suisse d'adhérer à l'EEE, en 1992, la classe politique n'a eu de cesse de culpabiliser les Suisses et de les menacer des représailles européennes. Quand est-il dans la réalité? S'il est incontestable que l'Union européenne est un important partenaire économique de la Suisse, il convient de ne pas oublier que la Suisse est également un important partenaire économique pour l'Union européenne. Certes, l'obsession de la classe politique suisse d'harmoniser la législation helvétique avec les normes européennes commence sérieusement à écorner notre avantage concurrentiel, notamment en matière bancaire. Pourtant, il ne tient qu'aux Suisses de se préserver une marge de manoeuvre à l'égard de l'Union européenne en préservant et développant les "spécificités suisses".
Ainsi, au lieu de brader et de négocier, par exemple, notre secret bancaire, il serait souhaitable de le renforcer et de le revigorer. La menace qu'une place bancaire indépendante et attractive au coeur de l'Union européenne fait planer sur les politiques fiscales incohérentes et liberticides de Bruxelles aurait clairement pour effet d'inciter l'Union européenne à réfréner ses ardeurs normatives et technocratiques.
Pour les autres secteurs économiques, la Suisse pourrait -en s'inspirant du modèle britannique du 19e siècle- développer unilatéralement une politique libre-échangiste à l'égard de l'ensemble de ses partenaires économiques. L'instauration du libre-échange, d'un point de vue exclusivement diplomatique, aurait pour effet de créer de nouveaux débouchés à l'industrie suisse et, ainsi, de desserrer quelque peu le chantage économique exercé par l'Union européenne.
Depuis le refus d'adhérer à l'EEE, la classe politique suisse n'a eu de cesse -pour d'obscures raisons- d'aligner la Suisse aux normes et exigences européennes. Dans cette perspective, il est évident que pour le DFAE un refus de verser le "milliard de cohésion" ait, comme le dit l'ambassadeur Marfurt, pour conséquence diplomatique de "gérer des déceptions". Et alors?
Lorsque l'on sait que ce "milliard de cohésion" est un tribut contre-productif, qu'il contribue à maintenir dans une relative dépendance la Suisse à l'égard de l'Union européenne et qu'il conforterait un peu plus la classe politique suisse dans sa volonté d'abaisser les standards helvétiques pour qu'ils soient euro compatibles, il semble assez évident que les 14% d'indécis devraient refuser le "milliard de cohésion", le 26 novembre prochain.
À-propos: Non au milliard de cohésion.
À-propos: Encore non au milliard de cohésion.
À-propos: Le milliard de cohésion: un tribut contre-productif.
À-propos: Milliard pour l'Est.

1 Comments:
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(et encore merci pour le lien, sans mes utilitaires de stats, je ne vous aurais pas trouvé^^)
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