Un point de vue libéral

12 novembre 2006

La démocratie directe a un coût!

Depuis la votation populaire du 22 octobre sur l'expropriation de propriétaires au Mervelet, "Un point de vue libéral" se fait régulièrement l'écho (Et la propriété privée?, Mervelet ou Rhino?, Inversion des valeurs, Pendant ce temps...) de la garantie -ou plus exactement de l'absence de garantie- de la propriété privée à Genève.

La lecture du bimensuel Bilan, du 8 novembre, offre une approche pour le moins originale et contestable de cette question. Selon Nicolas Pinguely, journaliste à Bilan, "le faible nombre de signatures requis pour lancer un référendum, en Ville de Genève, fait le jeu de minorités peu représentatives de la population. La preuve par le Mervelet: 300'000 francs dépensés pour se prononcer". En cherchant à démontrer que le nombre de signatures nécessaires pour l'aboutissement d'un référendum en Ville de Genève n'a pas suivi l'évolution démographique, la rédaction de Bilan se trompe en désignant les propriétaires comme responsables de ces coûts. D'autant plus que l'opposition de "quelques habitants (...) au projet de plan localisé de quartier" n'est pas une action superflue, mais une action légitime même -et surtout!- si le Grand Conseil a accepté le principe d'expropriation.

Ce qui, en revanche, est incompréhensible c'est que le Conseil d'Etat n'ait pas fixé la date de cette votation municipale soit le 24 septembre, soit le 26 novembre, pour en diminuer les coûts. C'est le choix du gouvernement, souhaitant certainement un faible taux de participation, qui a couté cher à la communauté.

Quant à la nécessité d'adapter le nombre de signatures requises à l'évolution démographique, cela est nécessaire et inévitable. Pour des raisons de cohérence et de représentativité, il semble qu'un quorum de 7% du corps électoral -quorum requis lors d'élections- pour l'aboutissement d'un référendum ou d'une initiative soit indiqué. Certes, un tel quorum représente une fraction plus faible qu'en 1959 (date de la dernière adaptation), où les 4'000 signatures requises, en Ville de Genève, représentaient 8.5% du corps électoral, mais nettement plus représentative que les 3.4% actuels.

Il est vrai, sans mauvais esprit, qu'un quorum de 7%, en Ville de Genève, soit 8'050 signatures requises, compliquerait sérieusement la tâche du Parti libéral genevois (PLG), qui peine déjà à récolter 4'000 signatures pour s'opposer aux Ferrazinettes.

Si, dans une perspective libérales, il est légitime que des propriétaires menacés d'expropriation puissent lancer un référendum pour s'opposer à une telle mesure liberticide, il est inadmissible qu'un parti politique, à des fins purement électoralistes, utilise les droits politiques pour se payer -aux frais du contribuables- une visibilité médiatique dans le cadre d'une campagne électorale...