Le consommateur a tout à perdre
Dans le bimensuel Bilan, du 8 novembre, Dominique de Buman, Conseiller national fribourgeois et vice-président du PDC, affirme que "le consommateur a tout à gagner" à l'instauration d'un prix unique du livre. Pire, il prétend que cette éventuelle instauration n'est pas une défaite pour le libéralisme, "bien au contraire". Qu'en sa qualité de Conseiller national Dominique de Buman soit un partisan d'un protectionnisme ruineux le concerne; en revanche, l'affirmation qu'un prix unique du livre renforce le libéralisme est proprement de la malhonnêteté intellectuelle.D'autre part, le Conseiller national de Buman méconnaît gravement l'arrivée sur le marché du livre des "librairies" on-line lorsqu'il affirme que "le prix réglementé n'est pas un gadget interventionniste stupide qui tuera le marché", mais qu'au contraire il garantira une offre large alors que l'on assiste actuellement "à une raréfaction de l'offre culturelle et à une réduction des canaux de diffusion". N'en déplaise aux protectionnistes, la vente en ligne est une concurrence sérieuse aux libraires traditionnels et l'instauration d'un prix réglementé n'y changera rien. Au contraire. En fixant un prix plancher, le législateur prend le risque d'accroître la compétitivité des canaux de diffusion sur la toile et, ainsi, d'inciter davantage les clients des librairies traditionnelles à passer leur commande sur la toile.
En outre, en affirmant que "le prix réglementé est une stratégie win-win", le Conseiller national de Buman se fourvoye. Sans entrer dans l'énumération des grands principes économiques, un marché fermé -c'est ce qui va se produire, si le législateur réglemente le prix du livre- est toujours préjudiciable aux consommateurs et, à terme, aux producteurs. Cette vérité simple était déjà énoncée par l'économiste, partisan du libre-échange, Frédéric Bastiat, au 19e siècle, et mise en oeuvre, à la même époque, en Angleterre, grâce à l'action politique de La Ligue, menée par Richard Cobden.
Mais il est vrai, qu'à moins d'une année des élections fédérales, la liberté économique, seule garante de la prospérité de l'ensemble d'une communauté, est peu attractive en comparaison des prébendes et autres rentes de situation distribuées à quelques corporations... En un peu plus d'un siècle, il n'y a décidément rien de nouveau dans les hémicycles parlementaires...

1 Comments:
Je suis libéral français ... et j'ai été libraire !
Et bien je peux vous assurer que le prix unique du livre tel qu'il existe en France est une belle connerie qu ne sert que les très gros revendeurs (rarement des libraires).
En effet,impossible pour un libraire de compenser ses faibles marges par une hausse de prix, même s'il offre un meilleur service annexe.
Car si le prix de détail est fixe, le prix de "gros" auquel achète le libraire est fonction des volumes du point de vente ...
J HUBERT
http://ojura.net
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