Un point de vue libéral

18 novembre 2006

Libertinage politique et libéralisme

La situation que connaît le Parti libéral genevois est le terme d'un long processus d'érosion commencé avec le duel fratricide Haegi/Balestra. Ivres de pouvoir les leaders n'ont pas vu que le résultat des élections législatives 2005 constituait, en réalité, un sérieux revers masqué par la disparition de l'AdG. Cette contre performance avait sa source dans la conduite du Parti. Comme il est difficile de quitter les reines du pouvoir la tentation était forte de placer à la succession une potiche. C'était aussi le seul moyen de persister dans l'erreur. Malheureusement pour cette équipe, la base du parti a porté M. Le Comte aux commandes. Mauvais perdants, ces marionnettistes ont repris du service et obtenu la tête du président. Non seulement cette stratégie n'a pas mis le compte à zéro mais elle a fait naître un contentieux bien inutile. Pour ne pas être découverts, ils ont caché leur méfait derrière la personnalité du démissionnaire. Les mêmes intrigants ont cru que Serge Bednarczyk, homme neuf et donc hors contentieux, serait une couverture idéale à leurs basses oeuvres. Le crash était pourtant inévitable, car arrivisme et éthique sont incompatibles dans la gouvernance. Désormais, c'est avec une trilogie pagnolesque, que le vénérable Parti espère reprendre sa position de leader. Certes la droite bourgeoise est en reconstruction, mais de là à se lancer dans le patchwork politique, il y a un pas que même un amish ne franchirait pas! La base libérale veut une conduite politique conforme à l'éthique respectueuse des sensibilités de chacun. C'est le fondement du modèle de société qui fait ce Parti. Au lieu de cela on nous sert un salmigondis indigeste fait de coups, tous plus bas les uns que les autres, qui décrédibilisent tout l'idéal libéral. Tant et aussi longtemps que ceux qui sont aux commandes n'auront pas compris ça, le libéralisme genevois ne peut que tendre au déclin.

Patrick.-E. Dimier, Tribune de Genève, 18 novembre 2006