Un point de vue libéral

15 septembre 2006

Budget déficitaire ou l'impuissance politique

Le Président du Conseil d'Etat précise, dans les colonnes de la Tribune de Genève, que "l'assainissement des finances publiques reste la grande priorité du gouvernement". On peine à le croire et le projet de budget 2007 ne nous convainc pas des intentions du Conseil d'Etat.

Certes, Pierre-François Unger essaye de rassurer les genevois, en rappelant, que "l'objectif est toujours le retour à l'équilibre en 2009". Mais en quoi ce gouvernement d'extrême-centre serait plus crédible que ceux qui l'ont précédés. Depuis des années, en effet, au début de chaque législature les Conseillers d'Etat font du retour à l'équilibre financier leur priorité. Résultat des courses: une dette supérieure à treize milliards de francs...

Aujourd'hui, notre République est à la croisée des chemins. Elle ne peut plus se contenter d'un Conseil d'Etat et d'un Grand Conseil qui espèrent qu'une conjoncture favorable assainira les finances genevoises. À cet égard, la réaction passive d'un Guy Mettan, député démocrate-chrétien, est révélatrice de l'impuissance de nos élus; Guy Mettan, en effet, est déçu car "la conjoncture est tellement bonne, [qu'il s'attendait] à un budget inférieur à 200 millions de francs".

Il est temps de rompre avec cette culture de l'extrême-centre, du consensus, qui consiste pour ne frustrer personne à léser tout le monde. L'action politique doit fixer des orientations, opérer des choix et prendre des décisions. Tant que notre gouvernement s'obstinera d'année en année à présenter des budgets apolitiques, c'est-à-dire des budgets qui ne dégagent pas des priorités, alors la dette de notre République s'aggravera et la classe moyenne se paupérisera davantage.

Espérons que lors des débats parlementaires nos députés ne se contenteront pas d'être déçus et qu'ils présenteront une série d'amendements, qui permettent l'adoption d'un budget 2007 équilibré. Il en va de la crédibilité de la classe politique.

11 septembre 2006

Atlantiste. Et alors?

Cinq ans après les attentats du 11 Septembre, il semble que les atlantistes doivent s'excuser de l'être. Les bien-pensants de la Vieille Europe considèrent qu'être atlantiste, aujourd'hui, est suspect; à tel point que Nicolas Sarkozy, par exemple, est obligé de s'expliquer et de donner "sa vision de l'Amérique".

Cynisme ou démagogie, les bien-pensants cautionnent moralement les terroristes et les obscurantistes religieux, plutôt que de reconnaître l'échec de la Vieille Europe et son incapacité de défendre nos valeurs. Les valeurs libérales.

Ces bien-pensants ont-ils oublié qu'en attaquant les twin towers, les terroristes s'en sont pris non pas aux seuls intérêts économiques américains, mais à la liberté même?

En ce jour de commémoration, la polémique n'a pas sa place. Nous devons seulement nous rappeler que depuis le 11 Septembre 2001, nous sommes tous New-Yorkais.